Les poussins

poussin de Brahma

par Mr Jean-Claude MARTIN, Président d'honneur du B.C.F.

La poussinière, la température, l'humidité, la litière, la nourriture et la boisson, les vitamines

Les poussins portent tout l'espoir des éleveurs. Il importe qu'ils soient parfaitement installés et nourris.

LA POUSSINIÈRE

Qu'ils soient élevés artificiellement ou confié à une poule, les jeunes poussins ne doivent pas être installés n'importe où. En particulier il n'est pas question de laisser des poussins en plein air ou dans un poulailler collectif, même s'ils disposent d'un enclos particulier et sont menés par une poule expérimentée. Le mieux est de les installer dans une salle d'élevage dite "poussinière" où vous pouvez également placer votre ou vos couveuses artificielles. Cette pièce doit être très sèche et sans courant d'air. Elle est cependant bien aérée afin que les gaz dégagés par la respiration et les litières n'y stagnent pas.

Cette pièce doit être chauffée. Les poussins sortant de l'éleveuse pour se restaurer ne doivent pas risquer de prendre froid. Si la température était trop fraîche en dehors de l'éleveuse, ils hésiteraient à sortir pour manger et boire et pourraient être sous-alimentés.

LA TEMPÉRATURE

Tous les éleveurs sont bien conscients que la chaleur est indispensable aux poussins, mais beaucoup pèchent par défaut ou par excès. Deux températures doivent être surveillées : celle dans l'éleveuse et celle du parcours où les poussins se nourrissent.

Pour les poussins, la température doit être mesurée entre 2 et 3 centimètres au-dessus du sol.

En théorie les poussins acquièrent leur indépendance thermique à 21 jours. Comme vous l'avez vu dans le tableau ci-dessus il n'est pas question de les laisser sans chauffage d'appoint à cette date.

L'HUMIDITÉ

L'humidité est, de loin, le premier ennemi des poussins. Directement, elle les souille et refroidit. Mais son principal méfait est de favoriser le développement des microbes et bactéries, surtout dans le milieu tiède de l'éleveuse. L'humidité est la cause indirecte de la plupart des maladies des poussins. Elle est à craindre auprès des abreuvoirs mais aussi dans la litière mélangée aux déjections.

LA LITIÈRE

Chacun a ses théories et méthodes et beaucoup sont valables. Le premier principe est de ne pas donner aux poussins une litière trop grossière dans laquelle les petites pattes s'embarrassent. Combien de poussins de Nagasaki sont morts d'épuisement parce que perdus dans une litière trop grossière.

Il faut aussi savoir que les poussins élevés sans mère et fraîchement éclos ont tendance à picorer tout ce qui se trouve sur le sol, litière comme nourriture, se remplissant le jabot sans vraiment s'alimenter.

Personnellement je place les poussins sur du papier journal les 4 ou 5 premiers jours. C'est gratuit et très facile à changer fréquemment. Quand les poussins ont bien compris où se trouvait la nourriture et ne risquent plus de se tromper, je recouvre les journaux d'une petite couche de sable grossier très sec. Sable et journaux sont jetés ensemble. L'on peut aussi utiliser de la sciure de bois ou des copeaux de chanvre (Aubiose). Au-delà de l'âge d'un mois, les copeaux ou la paille hachée peuvent être utilisés, mais pas avant.

La litière est à changer fréquemment afin de ne jamais devenir humide. Directement sous l'abreuvoir je place toujours plusieurs épaisseurs de journal, débordant tout autour ; ce tampon absorbe les projections d'eau et est changé matin et soir.

NOURRITURE ET BOISSON

Le poussin qui vient de naître peut rester 48 heures sans manger et, à la rigueur, sans boire. Un jeûne de 24 heures est indispensable après la naissance.

Âgés d'un à deux jours, les poussins doivent trouver facilement nourriture et boisson. Il faut donc les disposer à leur portée mais jamais sous le pavillon de l'éleveuse où la température est trop élevée.

Pour la nourriture, une augette est placée face à la sortie de l'éleveuse et, la première fois, un peu de nourriture est répandue sur le sol entre éleveuse et augette. Pour la boisson c'est plus délicat, certains poussins sont longs à la trouver ce qui leur est néfaste. Il est bon d'attraper quelques poussins, de leur plonger le bec dans l'abreuvoir et de les reposer à côté : les autres viendront vite les imiter.

L'abreuvoir est conçu de façon à ce que les poussins puissent y mettre le bec mais pas les pattes. On donne à boire de l'eau attiédie dans laquelle on peut mettre quelques gouttes de polyvitamines.

La nourriture artificielle en semoulette est parfaitement au point et contient des additifs utiles : vitamines et anticoccidiens. Pour les poussins l'aliment faisandeaux ou dindonneaux convient parfaitement. Si vous préférez une alimentation traditionnelle, le jaune d'œuf cuit dur est ce qu'il y a de meilleur les premiers jours : ensuite on y ajoute le blanc et de la biscotte ou du pain recuit finement écrasé. Plus tard on donne des brisures de riz et de petites graines. La nourriture sèche est toujours préférable aux pâtées qui s'altèrent rapidement. A partir de l'âge de 10 à 15 jours, les poussins apprécient la verdure finement hachée ; ne pas en abuser car ils risquent d'en surconsommer aux dépens de nourritures plus énergétiques.

LES VITAMINES

Elles sont indispensables mais il est inutile d'en abuser. Les aliments artificiels en contiennent s'ils ne sont pas trop anciens (la date de fabrication figure obligatoirement sur l'emballage et la teneur en vitamines est garantie trois mois) ; plus cet aliment est récent, plus sa teneur en vitamines est élevée.

On peut, en plus, en distribuer avec modération dans l'eau de boisson, sous forme d'hydrosol polyvitaminé.

Le rachitisme est causé par un manque de vitamines D3. La faiblesse des pattes et les doigts tordus par un manque de vitamine B2 (riboflavine).

Texte paru dans le bulletin N° 3 de L'ASSOCIATION AVICOLE D'EURE ET LOIR, avec l'aimable autorisation de Mr Daniel DADU ainsi que de l'auteur.

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